Définition de l’Art-thérapie proposée par Coumba Davy

14 Feb 2017

Auteur :

 

«l’Art-thérapie est adaptée, adaptable et accessible à tous (...)» 

 

Il m'a paru plus qu'essentiel pour commencer ce blog de partager avec vous ma vision de l'art-thérapie, celle dans laquelle, je m'inscris et inscris ainsi ma pratique. Je tiens à souligné que cette définition est inspirée de tout mon parcours de vie personnel et professionnel qui m'est propre.

 

Préambule :

 

Pourquoi proposer une autre définition sur l’art-thérapie ?

 

J’ai essayé de proposer cette définition suite aux questionnements de mon entourage, de professionnels, de structures et de personnes intéressées par cette approche dans mon parcours en tant qu'étudiant et praticien dans le domaine. Cette définition ainsi proposée a pour viser une certaine ouverture. Depuis 3 ans, les personnes que j’ai rencontrées dans différents secteurs ont toujours été très étonnées quand je leur disais que j'étudiais et pratiquais l’art-thérapie par la danse thérapie. Leur curiosité permettait de nombreuses interrogations, des débats assez enrichissant et un meilleur positionnement pour moi.

 

 

La notion artistique étant évoquée par les différentes médiations comme la danse, le théâtre, la musique et l’art-plastique ainsi que la notion thérapie associé, amenaient quelques questionnements récurrents que je cite en exemple :

 

- Il faut déjà savoir danser ? Quelle est la technique ou style de danse ?

- Faut-il déjà pratiquer un de ces domaines artistiques pour faire un atelier ?

- L’art-thérapie, c’est que pour les personnes malades ou handicapées ?

 

Malgré les définitions existantes, ces mêmes personnes me faisaient comprendre que ce n'était pas clair pour elle ou que cela ne répondait pas à leurs questions. Étant intervenant, je me suis dit qu’il y avait donc des zones à éclaircir et d’autres à approfondir pour mieux répondre. J’ai donc souhaité contribuer de façon assez humble avec mes connaissances par cet apport. C’est à partir de cela, qu’un souvenir est remonté à la surface, un jour alors que j’exerçais encore le métier d’éducateur spécialisé en IME, en formation à l’APAJH (méthode verbotonale) un professionnel nous dit ceci :

 

« Si le modèle que vous présentez, n’est pas repris ou que les personnes n’y arrivent pas, ce ne sont pas les personnes qui n’y arrivent pas, c’est sûrement nous qui ne proposons pas le bon modèle. C’est à vous d’adapter ce que vous proposez pour le rendre plus compréhensible et accessible ».

 

 

Cette phrase m'ayant marquée, j'ai souhaité aborder cette définition autrement. Tout d’abord, j’ai donc tenté de déconstruire (rendre plus accessible) les mots « art » et « thérapie » qui définissent cette pratique. J’ai pu remarquer dans les échanges et par leurs retours, que le mot "art" leur renvoyait à la notion artistique, technique, savoir, esthétique et apprentissage d’une pratique. La notion thérapeutique associée renvoyait à un état de malade, souffrant, en difficulté ou handicapé pouvant être guéri ou soigné par ce même moyen artistique. Il n’avait ni entièrement tort ni entièrement raison. Ce que je découvre encore aujourd'hui dans le domaine de l'art-thérapie est très divers : dans la pratique, par le praticien lui-même [sa (ses) formation(s)], le public accompagné et les secteurs d'interventions. Je suis arrivé à la réflexion que l’application de l’art-thérapie, ne se résumerait pas qu’à un praticien qui utilise la pratique artistique spécifique exclusivement dans le secteur du soin, mais qu’elle pouvait être appliqué dans bien d’autres secteurs d’activités de la société.

 

C’est ainsi que j’ai eu l’idée de proposer cette définition qui est très près de mon approche qui est tout aussi ouverte. Il était très important d'y intégrer et de mettre en lumière le processus expressif qui est intimement lié au processus créatif en Art-thérapie  selon moi. Mon approche tout comme cette définition ne cloisonne pas les différents moyens d’expression et de création libre premier qui sont des capacités humaines présentes ou latentes en chacun de nous.

 

Effectivement, au lieu de parler de danse, de chant, de musique, de théâtre, d’art-plastique ou de dessin, je parle de mouvement, de voix, de rythme, de jeux et de trace. Ces mots sont intrinsèquement liés, mais avec ces derniers il y a une notion un peu plus accessible à chacun voir dédramatisant.